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Fan de musiques du monde et ancien ingénieur du son, David Vuylsteke est un entrepreneur dans l’âme. Il a crée en 2012 PiggyBee, une plateforme qui connecte des personnes cherchant un produit étranger, avec des voyageurs qui peuvent le ramener. Rencontre avec ce belge hors norme. 

Salut David ! En fait… qui es-tu ?

Hello ! Sans prétention, c’est un vaste sujet 😉

Je commence à 5 ans à creuser tout le jardin de mes parents pour y construire un métro pour Playmobil… Adolescent, toujours dans le jardin, je veux construire un abri pour un club de vélo cross (Idée abandonnée, mauvaise exécution dû au manque cruel d’expérience). Je me fais recaler en maths, mon professeur me conseille de partir loin, et je passe un an aux US.

Je m’intéresse à la musique, et de retour en Belgique, je monte un studio mais c’est la musique live (concert) qui finit par l’emporter. Je monte ma boite de location (son et lumière pour concerts) qui tourne toujours à ce jour !

En 2001, alors que quasi interdit (ou peu compris) en Belgique, je vends ce même matériel via un site de vente en ligne (développé sur la base d’un shareware à 50 €…). J’ai emballé des milliers de colis que j’ai envoyé « de la Croatie au Japon en passant par l’Amérique »… Ensuite, j’ai été amené à voyager avec différents groupes de musique du monde, en tant qu’ingénieur du son.

En bref, ce mix entre experience entrepreneuriale, logistique et voyages m’a amené à monter PiggyBee !

Un entrepreneur zikos dans l’âme donc ! Parle nous un peu de PiggyBee, ca a un lien avec la musique ou pas du tout ?

Plus vraiment…Quand tu t’es occupé du son de 12 groupes de rock pendant 20 ans, j’avoue que tu cherches doucement à tourner la page, comme le dirait Nougaro (pour les lecteurs qui seraient plutôt de ma génération).

Héhé, je comprends ! Alors du coup, c’est quoi PiggyBee ? Vend nous du rêve !

Ha Ha … Un produit exotique, un parfum dont tu te souviens, une plage lointaine et le temps maussade de chez nous. Comment faire pour retrouver cette saveur ?! L’idée m’est venue à la suite du plus grand épisode de ma vie. Nous avons adopté en Afrique du Sud et nous avions ramené un pot de crème. Super crème locale du genre que tu ne trouves que là-bas. De retour au plat pays, j’anticipe et je demande à ma compagne si on connaît quelqu’un qui revient d’Afrique du Sud prochainement, et qui pourrait me rapporter d’autres pots de crème… J’ai bien ma tante et des cousins sur place, mais aucun d’eux n’a prévu de revenir prochainement. Du coup, pot de crème vide, et personne pour m’en apporter. Tilt !

« Si je pouvais demander MON POT à quelqu’un qui embarque ce soir à bord d’un avion en partance de Johannesburg, le tour serait joué…”.

Je vous invite à voir le nombre de gros-porteurs qui font la navette vers l’Europe !
PiggyBee était né, dans la tête du moins… Mais l’idée était la : Connecter des gens qui cherchent un produit étranger, avec des voyageurs qui peuvent le ramener.

PiggyBee

Un besoin personnel qui se transforme en startup, c’est génial ! Mais, comment être sur que tu n’étais pas seul à ressentir ce besoin ?

En fait j’ai lancé un MVP très vite (pour “minimum viable product”, ce genre de mots que j’ai appris en commencant cette aventure!). Au départ, personne dans le milieu startup ne voulait me suivre avec ce genre d’idée. Si tu fais une app à GIF pour Twitter, tu as généralement plus de succès que si tu t’intéresses à l’économie collaborative, second terme appris en cours de route d’ailleurs.

C’est justement un de mes cousins sud-africains, lui-même expat et développeur, qui a compris le concept et s’est jeté à bord. On a fait une version très simple qui nous a amené un peu de traction et des retours presse. Ceci a quelque part validé notre modèle. Mon corps entier est resté dans l’engrenage depuis..

Et il n’était pas dispo sur internet ce pot de crème ?

En fait, quand tu creuses cette question, tu te rends compte que tout n’est pas forcément disponible sur internet (ça laisse un énorme marché), sans parler des frais de port exorbitants ou du prix qui est nettement plus bas localement pour pas mal de choses. La tech étant le meilleur exemple d’ailleur.  

Oui… Pour certains produits, la livraison te revient plus chère que le produit lui-même, du grand n’importe quoi ! Du coup vous êtes deux dans le projet ? Et ca fait combien de temps que tu te consacres à PiggyBee ?

Mon « co-founder » Sébastien a dû quitter l’aventure l’an passé pour d’autres projets. Il mène une vie de fou, entre le développement web, la moto dans le désert africain et les soirées qu’il organise en tant que DJ !

Depuis, j’ai été accompagné par un designer et plus récemment par un business coach. Tout le monde a quitté le navire, mais en bons termes et sans dettes heureusement !  Il se peut que je sois insupportable ou mal compris… comme quoi il faut probablement beaucoup de patience pour arriver à bon port sur un projet de cette envergure. Avec le temps, j’ai réussi à déléguer un maximum ma boite de son (avec une équipe de 4 personnes) et j’ai la chance aujourd’hui de pouvoir consacrer la majorité de mes semaines, weekends inclus, à PiggyBee !

Donc tu es tout seul !? Quel boulot ! Tu as combien d’utilisateurs aujourd’hui ? Tu ne recherches pas un autre associé ?

En effet, je suis tout seul, mais pour le moment !  Je dis toujours que c’est comme en amour, mieux vaut être seul que mal accompagné ! Pas mal de personnes des quatres coins du monde m’ont contacté, mais, avec l’expérience, je sais que la proximité, la langue et les émotions « face à face » sont indispensables pour avancer… Il est difficile de collaborer efficacement à distance en tant que « remote worker ».

Je reste cependant ouvert à toute proposition, idéalement sur Bruxelles et/ou Paris.

En ce qui concerne les chiffres, j’atteins les 4000 inscrits. Mais depuis ces derniers temps, le nombre d’inscrits par jours semble être le début d’une belle exponentielle (Une dizaine par jours, le calcul est vite fait sur 4 ans où j’ai transpiré dur pour mettre le moteur en marche…)

PiggyBee Community

Comme quoi le travail paie toujours ! Tu n’as jamais voulu abandonner ? Souvent, quand on est seul sur la création d’une boite, le doute arrive plus facilement, et l’abandon aussi… Qu’est ce qui t’a motivé à ne jamais baisser les bras ?

Pour le meilleur ou pour le pire, je n’arrive qu’à faire comme ça… Je me compare toujours au chien qui mord et qui lâche plus. J’ai pas mal de défauts mais la perseverance est peut être ma seule bouée de secours. Après, l’un ou l’autre mentor te dira d’arrêter, de pivoter, de faire autre chose. Malheureusement, je suis trop obstiné. C’est évident qu’il y a des hauts et des bas, mais quand tu as démonté des kilomètres de cables sales sous l’orage à 5h du matin, c’est un peu comme si tu avais déjà fait une petite guerre du vietnam. Rien ne m’arrête 😉

Haha, bravo, un beau message pour ceux qui peuvent douter, et c’est normal ! Un dernier conseil à donner aux entrepreneurs (si ce n’est d’être perseverant) ?

Reste collé(e) à ta vision ! Au début, tout le monde se moque un peu de ton idée, mais une fois au sommet de la colline, je te garantis que tu feras magiquement pleins d’amis. Même si ces amis ne comprendront pas alors qu’il y a plein d’autres sommets et autres problèmes auxquels tu seras confronté. En bref, le métier d’entrepreneur…

Merci David ! Vous pouvez retrouver PiggyBee sur Pick & Pow et lui apporter tout votre soutien en partageant son projet !

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Hilaire Besse

Hilaire Besse

Co-founder chez Pick & Pow
Co-founder at Pick & Pow - French entrepreneur, crazy about innovation, entrepreneurship, and patatas bravas. Want to talk about your startup? Reach us on: mag@pickandpow.com