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Actualité Startup – Cette semaine, Pick&Pow a interviewé Nicolas, co-fondateur des chaussures Perús, la marque de sneakers éthiques !


Salut Nicolas ! Tu es donc le co-fondateur de Perús, ces sneakers que nos lecteurs connaissent forcément (ou alors ils loupent un gros truc). Raconte un peu, tu as monté ca avec tes potes ?

Yes c’est ça ! On avait un pote qui était en échange en Argentine à Buenos Aires et qui n’arrêtait pas de voyager en Amérique du Sud. On s’est chauffé pour le rejoindre et faire un tour à sac à dos avec lui pendant 6 semaines. Il nous a dit d’aller au Pérou, qu’il avait déjà fait, le temps qu’il finisse ses exams et nous rejoigne.
La première étape était Cusco et dès le deuxième jour on est tombé sur des baskets à motifs vendues au touristes qu’on a trop kiffé. Dès qu’on est sorti de la boutique avec nos paires on s’est dit qu’on avait jamais vu ça en Europe et qu’il fallait absolument qu’on monte une marque s’en inspirant !

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Les jours qui ont suivi on a parlé que de ça, on faisait même des similis shootings et des tests de vidéos au macchu picchu pour voir comment cela rendait.

Notre pote nous regardait bizarrement quand il nous a rejoint et qu’on lui a dit direct qu’on allait monter une marque de baskets péruviennes… mais au fur et à mesure il devenait aussi impliqué que nous dans les débats 🙂
Malheureusement il était déjà embauché pour un stage d’un an en audit donc il n’a pas pu être de l’aventure quand on a commencé à plein temps à notre retour.
On est donc 3 avec Armand et Henri, on est très bons potes depuis le collège et lycée !

Haha génial ! Il doit surement regretter son stage maintenant… Les rumeurs disent que tu es actuellement au Pérou la. Donc c’est pas du fake, vos chaussures sont bien fabriquées au Pérou ? Aucune chance d’y trouver un “made in china” caché ?

Yes j’y suis, en effet tout est fabriqué à la main au Pérou dans 3 ateliers : 2 à Lima et 1 à Arequipa. Tous les composants proviennent aussi du Pérou : Caoutchouc naturel pour la semelle qui est aussi moulée ici, toile, lacets… tout !

Le sourcing local permet de réduire notre empreinte carbone. Être sur place permet de suivre de près la production et surtout de s’assurer des bonnes conditions de travail des artisans. On rencontre vraiment tous les acteurs de la chaine pour s’en assurer.

Top ! C’est pas trop galère de travailler avec des gens qui ont une culture complètement différente de la notre ? Des façons de faire, des choses à ne pas dire…?

A nos débuts ça a été un peu difficile car les péruviens ne disent jamais « non » et n’osent pas dire lorsque ce n’est pas possible. Ainsi après notre lancement où nous avions pré-vendu 2000 paires, la production a connu beaucoup de retards. On était entre eux et nos contributeurs et il fallait vraiment avoir un suivi personnalisé auprès de tout le monde pour désarmer les frustrations lorsque les retards s’accumulaient.
Aujourd’hui on prend plus de marges d’erreurs et on a de plus en plus d’expérience sur le produit donc c’est de plus en plus facile.
À nos débuts on avait juste un tout petit atelier familial donc un retard impliquait du retard sur toute notre production. Aujourd’hui avec 3 fournisseurs on peut bien mieux limiter les risques inhérents à la production artisanale !

Mais ca reste de la production artisanale (fait-main) ? Le principe de Perús c’est aussi 1 paire achetée : 1 jour d’école offert. Tu peux nous en dire un peu plus ?

Yes évidemment ! Chaque atelier compte entre 4 et 20 artisans selon la période, ce sont souvent des entreprises familiales avec des artisans qui travaillent les chaussures à la main depuis toujours !
TwoShoesForSchool est l’un des piliers fondateurs de Perús. On l’a mis en place avec l’association Los Chicos de Cusco avant même d’avoir notre premier prototype !
Pour chaque paire vendue nous finançons un jour d’école aux enfants défavorisés de Cusco. Concrètement cela correspond à une donation d’1€ pour chaque paire vendue et permet de financer les salaires de professeurs, les livres scolaires, fournitures et l’uniforme. Depuis notre lancement début 2015 on a ainsi pu financer plus de 13 000 jours d’école, soit un an de scolarité pour 65 enfants.

Putain vous devez être contents ! Tu répondrais quoi aux haters qui diraient que vous avez seulement fait ca pour du marketing ?

Que pour nous c’est un effort important : cela représente 10 à 20% de nos bénéfices.
Que pour une jeune boite qui démarre sans capitaux c’est un risque mais qu’on le fait par conviction
Que certes on ne va pas changer le monde du jour au lendemain mais qu’on essaie de sensibiliser les gens et les jeunes en particulier à l’entrepreneuriat social. Si on inspire ne serait-ce qu’un autre entrepreneur social c’est une réussite !


On va revenir sur vos débuts… Honnêtement, vous vous attendiez à un tel engouement sur vos shoes ? Ou vous partiez pour un petit projet sympa entre potes, et on verra bien ?

On l’espérait évidemment mais pas à ce point ! La campagne de lancement sur ulule a été vraiment incroyable.
En revanche depuis le début on a adopté la démarche la plus professionnelle possible, c’est un projet entre potes certes mais ça n’empêche pas d’avoir des ambitions. C’est juste que le cadre est plus cool que la moyenne 🙂

Ah mais je ne dis pas le contraire ! Mais puisque tu me lances dessus : selon toi, quel est le truc le plus relou quand tu montes une boite avec tes potes ?

J’imagine que cela dépend des profils mais dans notre cas précis, aucun ! La prise de décision est très facile à faire à 3, on est très complémentaires et surtout on fait énormément de choses ensemble en dehors du taff.

Vous arrivez à pleinement vivre de Perús maintenant ?

Pendant un peu plus d’un an on a pas sorti d’argent de la boite car tout était réinvesti en stocks, développement de moules etc… A l’époque on vivait encore chez nos parents donc on avait pas de grandes dépenses.
Depuis on se verse un salaire qui nous a permis de déménager et de vivre tranquillement. Mais on essaie toujours de sortir le minimum afin de garder le maximum de solidité financière et ne pas avoir recours à des investisseurs ou créanciers pour le développement des prochaines collections.

Vous avez fait un crowd-funding via Ulule ? C’est une sorte de validation du projet aussi non ? Du style, si vous pré-vendez tant de paires, alors la production peut être lancée et le projet démarre. Sinon…

Exactement ! C’est vraiment un test grandeur nature de son produit et de la viabilité du projet. Ça permet aussi de savoir précisément quels seront les modèles qui fonctionneront le mieux et être ainsi plus efficace sur notre gestion des stocks. C’est surtout le moyen de créer un grand évènement autour du lancement du projet et de faire participer, au départ, familles, amis, connaissances, à moindre coût et avec un beau produit en échange 🙂
Clairement si la campagne de lancement avait été un échec la question de continuer le projet en l’état se serait posée très rapidement.

C’est vraiment pas mal comme modèle ! Avant de te laisser, une petite exclue croustillante à offrir au Pick & Pow Mag’ sur des nouvelles collections ou diversification de Perús ?

On travaille sur pas mal de pistes en ce moment, en gardant comme thème principal le voyage et les motifs ethniques. Il est encore trop tôt pour en dire plus mais je vous invite à nous suivre sur facebook pour être les premiers tenus au courant 🙂

Merci Nicolas !

Merci à toi !

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Marceau Cattin

Marceau Cattin

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