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Charles, Nicolas et Alexis sont trois potes et jeunes entrepreneurs lillois. Après des projets personnels, ils ont décidé de se réunir pour créer un label qui aide les jeunes entrepreneurs à gagner en visibilité. Une interview entre deux fricadelles.

Salut les gars ! Alors présentez-vous un peu, on veut tous savoir qui vous êtes et ce que vous faites de vos journées !

Charles : Et bien, nous sommes trois entrepreneurs, après notre master on a rejoint l’incubateur EYE (EDHEC Young Entrepreneurs) chacun sur un projet différent. Nicolas avait pris un peu d’avance en créant une marque de produits électroniques insolites (type clef USB, batteries externes,…) pendant nos études. Aujourd’hui, Yello Koko se développe au national et distribue ses produits dans des enseignes comme Cultura, Little Extra, etc…

Alexis s’est penché sur un projet de Marketplace pour expat’ répondant aux besoins de ces derniers dans le domaine de la vie courante (logement, alimentaire,… tout ce qu’il faut pour s’installer sereinement à l’étranger).

De mon côté, j’ai participé au développement d’une application citoyenne, eDémocratie. L’idée c’est de recentrer le débat citoyen sur une seule et même plateforme et de faire émerger les idées de la société civile. On a changé deux fois de dév en cours de route, mais l’équipe tient bon et on espère avoir un produit fini dans le courant de l’année !

Bref. Pendant cette période, on a réalisé que nous avions la même problématique : gagner en visibilité et valoriser notre démarche entrepreneuriale. A côté de ça, dans notre quotidien, on remarquait que les consommateurs et nos différents partenaires n’étaient pas indifférents à notre jeunesse et à notre engagement en tant qu’entrepreneurs. De fil en aiguille, c’est comme ça que le label Jeunes Entrepreneurs en France est né !

Un label Jeunes Entrepreneurs en France ?! Genre un French Tech pour les jeunes ? Par où vous avez commencé du coup ?

Nicolas : Et bien justement, on trouvait que la FrenchTech ça ne parlait pas vraiment aux consommateurs et que c’était trop connoté tech. On voulait aller vers quelque chose de plus lisible.

Alexis : Au début on a pensé que ce serait hyper facile, on a créé une asso, un joli logo, un WordPress, un compte Twitter, un groupe Facebook et puis les semaines qui ont suivies, le potentiel du label s’est dévoilé. On a compris que le projet allait prendre plus d’envergure que ce qu’on avait imaginé.

Charles : A partir de là, on s’est un peu canalisés et on a commencé les réunions régulières pour avancer sérieusement. A peu près un an plus tard, nous y voilà. JEF (parce que c’est comme ça qu’on l’appelle), c’est le premier label d’information adressé aux consommateurs qui soutient les jeunes créateurs d’entreprises en France. L’idée c’est avant tout de valoriser la démarche entrepreneuriale et d’apporter un coup de pouce aux jeunes qui osent.

 

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Le logo de Jeunes Entrepreneurs en France

C’est top ! Comment ca va se goupiller ? Le label ne serait que possible pour les startups Hardware, pour montrer le Made in France ?

Alexis : En réalité, nous ne sommes pas dans une problématique de produit ou de service, ni dans la distinction du lieu de fabrication. Le but c’est vraiment de valoriser la démarche entrepreneuriale et l’engagement du jeune créateur sur le territoire.

Charles : On s’appuie sur 4 critères de sélection. Tout d’abord, l’entrepreneur doit être âgé de 15 à 30 ans, l’idée c’est d’encourager les plus jeunes dans l’aventure. Ensuite, l’entreprise doit être immatriculée en France, histoire de soutenir la création d’entreprise et logiquement à terme la création d’emploi. En troisième, c’est l’âge de l’entreprise, elle doit être enregistrée depuis moins de 5 ans parce qu’on estime que c’est sur cette période là que l’entrepreneur a le plus besoin de soutien. Enfin, c’est l’aspect novateur du projet qui détermine la labellisation. Cela peut concerner toutes nouveautés commerciales, managériales,… et bien entendu, technologiques !

Nicolas : Le label pourra donc être apposé sur le packaging d’un produit, mais aussi sur les plaquettes commerciales, les sites web…

Enfin des jeunes entrepreneurs qui n’assimilent pas “startups” à seulement “technologie” ! Bravo les gars ! Vous avez prévu un truc pour les jeunes français qui commencent cette dure aventure, mais à l’étranger ? (Non, je ne parle pas pour Pick & Pow)

Charles : Au début on souhaitait labelliser les jeunes français à travers le monde, parce qu’en effet, c’est une aventure qui mérite d’être encouragée. Mais dans un premier temps on se contente de lancer le projet en France parce qu’on considère que c’est là que les consommateurs y seront le plus sensibles.

Alexis : Si tu veux, on en reparle dans 15 ans, on aura peut-être élargi notre label, on a encore beaucoup de boulot avant d’en arriver là !

Haha, 15 ans, c’est noté ! Parlons un peu plus de vous. Pas trop galère de mêler différents projets de boites en même temps (entre le label, la marketplace, l’application, Yello koko). Vous êtes sponso par Redbull ?

Alexis : De mon côté, le projet de Marketplace est dans un carton, sur le dessus certes, mais le développement est en standby afin de me concentrer sur le label. Je m’occupe du pôle entrepreneurs et à quelques mois du lancement national auprès des médias, c’est la course tous les jours !

Nicolas : C’est vrai qu’il a fallu un peu de temps pour m’adapter. Aujourd’hui, mon rythme c’est 9h30 – 18h sur Yello Koko, les matins, les soirées et les weekend sur JEF ! Je fais des exceptions pour les rendez-vous qu’on a régulièrement, mais jusque là je ne m’en tire pas trop mal. J’ai de grosses journées, mais c’est pour le meilleur.

Charles : Avec les gars de eDémocratie, on travaille à distance depuis déjà un an et demi et j’avais déjà rôdé mon rythme alors que nous étions en master. Une à deux grosses soirées par semaine et je trouve toujours un peu de temps le weekend. Ca me permet d’être focus sur JEF le reste de la semaine et de ne pas non plus perdre le fil avec l’appli.

Nicolas : On vit un peu à 100 à l’heure, mais c’est aussi la vie d’un entrepreneur ! Et puis on reçoit notre dose d’énergie grâce aux rencontres que l’on fait au quotidien, aux soutiens que l’on reçoit…

Poussin mascotte
La mascotte !

Parlons-en du soutien ! Votre famille, vos potes, ils comprennent un peu ce “choix de vie” ? Car, il a pas tort ce Macron, c’est quand même super plus compliqué d’être entrepreneur que de travailler dans une entreprise…

Charles : C’est vrai que ce n’est pas facile de concilier les deux, ça demande beaucoup de pédagogie avec les parents et de diplomatie avec sa copine ! Les gars ne me contrediront pas.

Alexis : Pas évident de faire comprendre à ses parents qu’on ne rentabilisera pas tout de suite notre école de commerce et qu’il s’agit plus d’accomplissement personnel dans un premier temps. On fera fortune un peu plus tard ! En attendant, l’entrepreneuriat c’est une forme de liberté qu’on a nulle part ailleurs.

Nicolas : Du côté des potes, il peut parfois y avoir un décalage, mais il suffit de prendre le temps de partager une bière avec eux pour remettre les compteurs à jour 🙂

Sure thing! Et puis parfois ils te l’offrent car ils ont pitié pour toi. Ca a du bon coté ! A propos de mange-quignoning justement (je vous invite à aller voir la definition sur internet), c’est quoi votre meilleur tips “système D” que vous pouvez donner à un jeune entrepreneur ?

Charles : On a la chance d’être incubé à l’EDHEC et d’avoir un accès facile aux espaces de travail, etc… mais c’est vrai que quand je suis en déplacement, je me retrouve régulièrement à squatter la Wi-Fi des bars depuis la rue, je pratique le couchsurfing tant que je peux et puis s’il y une exposition, un workshop auxquels je peux m’inviter, ça permet souvent d’apprendre quelque chose et de repartir en ayant dîné.

Nicolas : Et puis il faut dire qu’en ce moment on vit à trois dans mon 20m² en attendant que les gars trouve une solution logement, ça permet de bosser tard et de faire des économies de chauffage !

Alexis : (rit) de mon côté suis devenu ambassadeur sur blablacar en un rien de temps et ça permet de s’entraîner à pitcher dès que je fais un Lille-Paris ! Honnêtement, c’est un bon exercice.

Haha yes !! Bon allez dernière question, on l’appelle “la classique” ici : un petit conseil à donner à un quelqu’un qui hésite à entreprendre ?

Nicolas : Je lui poserais simplement cette questions : Qu’est-ce que tu veux vraiment faire de ta vie ?

Alexis : Dans la continuité, je lui dirais : on n’a qu’une vie.

Charles
: Je suis assez d’accord avec les gars, je lui demanderais quel sens il veut vraiment donner à sa vie.

A tope ! Merci les gars !

Retrouvez JEF Label sur Facebook et Twitter, et venez assister au lancement régional du Label, le 28 Avril 2016 sur le campus de l’EDHEC (Roubaix) ! Place dispo ici.

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Hilaire Besse

Hilaire Besse

Co-founder chez Pick & Pow
Co-founder at Pick & Pow - French entrepreneur, crazy about innovation, entrepreneurship, and patatas bravas. Want to talk about your startup? Reach us on: mag@pickandpow.com