SHARE

A 24 ans, Paul monte actuellement sa deuxième startup avec Adok, un hardware qui risque pas mal de révolutionner les réunions au boulot. Interview entre Paris et San Francisco, ma foi, fort sympathique.

Salut Paul ! Que tal todo ? Alors, raconte nous un peu ce que tu fais dans la vie ?!

Bien y tu? Je m’appelle Paul, j’ai 24 ans et aujourd’hui, je suis co-fondateur de Adok qui est une startup Hardware. Nous en sommes au début de l’aventure, qui peut être longue sur ce type de sujet, comparé au Web, ou aux Apps.
Avant ça, j’ai lancé une première boîte qui s’appelait Chez BernArt, et qui n’a pas marché comme je l’espérais, ça arrive. Et j’ai travaillé pour Toucan Toco, ce qui était une expérience géniale dans le Software B2B.

24 ans et déjà deux boites à ton actif !? Chapeau. Alors c’est quoi Adok, capitaine ? (une vanne 2.0)

Haha, C’est un nouvel environnement de partage. Je sais pas si tu as déjà eu cette impression, mais pour nous, les écrans tels qu’ils existent aujourd’hui forment une barrière avec les gens présents dans la même pièce que toi. Que ce soit ton Smartphone ou ton PC (« Personal » Computer), ils ne sont pas pensés pour le multi-utilisateurs. Et ça, ça a un impact fort sur la productivité en réunion par exemple. Du coup, On a créé un projecteur tactile ultraportable, qui transforme n’importe quelle table en tablette, de 40 pouces. En bref, c’est une nouvelle façon d’échanger, en manipulant directement le contenu sur la table, pensée pour plusieurs utilisateurs.

Du coup, en termes archi simples, le Adok projette l’écran de ta tablette sur n’importe quel support, avec la possibilité de manipuler ses contenus sur ce même support. Ca ne marche pas pour les PC j’imagine ?

Plus que ça, en fait, Adok est autonome. Il fonctionne sous Android, et il faut le voir comme une tablette géante. Sauf qu’au lieu de garder un écran de 1m de diagonale sous le bras, c’est l’encombrement d’une bouteille d’eau de 50cl.

On aime bien dire qu’on passe du Personal Computer au Shared Computer 🙂

Adok

Ah oui ok ! Et j’imagine que tu peux transférer facilement le contenu de ce shared computer sur les ordinateurs personnels des collaborateurs (après la réunion, évidemment) ?

Oui, évidemment, l’avantage d’Android, c’est que tu peux utiliser toutes les applications que l’on connait bien. Google Drive, DropBox, Evernote, OneNote, etc.

Ok, très cool ! Quand tu dis « début de l’aventure », vous avez déjà un prototype prêt ? Un petit Kickstarter qui se prépare aussi ?

Le prototype est presque prêt. On le dévoilera dans le courant du mois de Mars, ainsi que le nouveau design. Pour le KickStarter, c’est sûr qu’on y pense. Mais on veut faire les choses bien. Ça se prépare. Et je peux te dire que des succès comme ceux de Lima ou Prynt (Deux records Français sur KS), ça n’est pas un hasard. Ils ont fait un boulot incroyable en amont. Donc probablement à l’automne pour nous.

J’imagine bien ! Sans vouloir remuer le couteau dans la plaie, raconte nous un peu ton ancienne boite. Pourquoi ca n’a pas marché ?

Ahah bonne question. Au contraire, tu as raison d’en parler, c’était une super expérience. Avec le recul, c’est un peu de tout. Déjà, on a pas réussi à « scaler ». L’idée était une plateforme de mise en relation des designers et des startups. On arrivait à le faire à la main, mais on a pas réussi à faire développer la plateforme comme on voulait, d’un point de vue tech. Et puis honnêtement, on était un peu trop verts sur certaines questions. Je pense que pour réussir les débuts d’une boîte, il faut être vraiment mort de faim. Y a rien de pire qu’une « startup » qui vivote. D’ailleurs, c’est ce que nous a dit Qasar Younis, le COO de Y Combinator, quand on a eu la chance de le rencontrer: « Monter une boîte c’est douloureux et difficile, mais si tu le fais, faut le faire à 100%. » On en était pas là, donc au bout de 10 mois, on a dit stop. Mais c’était chouette quand même!

10 mois quand même… Vous étiez combien sur ce projet ? Tu penses qu’il est impossible de lier boulot et projet de startup? Je pense aux entrepreneurs qui ont besoin de fonds avant de se lancer…

On était 3, puis 2, suite au départ du CTO. Je ne peux pas te donner de réponse absolue. D’un côté, je viens de lire un article qui disait: « Entrepreneurs, don’t quit your job, yet. » Et ça peut convenir à certains. De l’autre, je me dis qu’avoir une épée de Damoclès au-dessus du nez, ça te motive à aller chercher les fonds dont tu as besoin, pour te payer de quoi survivre déjà. Chaque projet est unique, mais au final, il faut se lancer, et se mettre des jalons, et savoir dire stop si tu n’avances pas. Enfin, ce n’est qu’un avis personnel.

Oui, c’est la où la différence entre obstination et persévérance est cruciale…Dis moi, en quoi l’experience de ta première startup t’as aidé pour Adok ? Ne plus faire d’erreurs toutes bêtes ?

Oui, c’est exactement ça. J’ai appris à m’entourer. Je n’essaye plus de tout faire, au contraire, je demande de l’aide, tout le temps. En fait je crois que c’est ce que je fais le plus aujourd’hui. Et le plus fou, c’est qu’en grande majorité, les gens sont ravis de donner des conseils, et de leur temps et de partager leur expérience. Grâce à ça, on est super bien accompagnés aujourd’hui, et ça aide beaucoup.

Je suis d’accord, la solidarité startup est incroyable ! Tu vas essayer de te faire incuber du coup ?

Oui, on est en discussion avec plusieurs incubateurs, tous très orientés technologie. On a de la chance d’arriver à un moment où leurs offres et leur diversité sont incroyables. Je crois que ce n’était pas le cas il y a 5 ans.

C’est sur ! Tu parlais d’entourage et de conseils gratos. Quel est le pire qu’on t’ait donné ?

« Ne parle pas de ton idée, on va te la voler ». Sûr et certain que c’est la pire chose à faire. Les gens sont déjà très occupés sur leurs propres affaires. Et si quelqu’un qui arrive après le fait mieux que toi-même, c’est que c’était mal parti.

Pas faux ! Et si tu devais, à ton tour, donner un conseil à un entrepreneur ?

Pour moi, la première question à se poser c’est « pourquoi » on créé une entreprise. Il n’y a pas de bonne réponse, mais il faut être clair avec soi-même là-dessus. Ensuite, c’est d’être sûr de faire un produit que les gens veulent, et pour ça, il faut poser des questions à des gens qu’on ne connait pas du tout. Parce que nos amis et notre famille sont toujours enthousiastes au début! Attention à ne pas chercher partout une confirmation de ce que l’on veut entendre.

Merci Paul !

Merci à toi Hilaire !

 

Découvrez des startups innovantes sur Pick & Pow et recevez un discount sur leur produit ou service !  

The following two tabs change content below.
Hilaire Besse

Hilaire Besse

Co-founder chez Pick & Pow
Co-founder at Pick & Pow - French entrepreneur, crazy about innovation, entrepreneurship, and patatas bravas. Want to talk about your startup? Reach us on: mag@pickandpow.com