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En plus d’être super sympa, Raphaëlle Neyton est en charge des projets Européens chez NUMA. Comme vous le savez, ce fameux accélérateur a officiellement annoncé sa venue dans les terres catalanes. Du coup, ni une ni deux, on l’a attrapée à Barcelone pour la rencontrer. Pas folle la guêpe. Une interview smooth, fun, et bourrée d’anglicismes !

Salut Raphaëlle ! Comment vas-tu ? Alors, dis nous tout !

Je vais très bien Merci ! Je suis chez NUMA depuis 6 mois, au sein de l’équipe internationale, et plus spécifiquement en charge des projets Européens (financés par la commission européenne). « Pourquoi l’international à NUMA… vous n’êtes pas un accélérateur français? » Et bien NON ! nous avons commencé en France mais depuis 2015 on a ouvert à Moscou, à Bengalore, à Casablanca et en 2016… à Barcelone ! Et en plus nous sommes bien plus qu’un accélérateur…

Je sens que tu me tends une perche ! Allez va, il y a quoi en plus chez NUMA ?

NUMA c’est trois activités. La première c’est l’accélération de start-ups, l’activité la plus connue, on a déjà accéléré plus de 100 startups et on en est à notre 8ème saison! Mais NUMA c’est aussi l’organisation d’évènements pour les écosystèmes dans lesquels on est présents: plus de 1400 évènements organisés à Paris, 1500 quand on prend l’ensemble des NUMA dans le monde. C’est ce que chez nous on appelle l’activité « Communities », dédiée à structurer les communautés qui nous accompagnent depuis notre naissance. La troisième activité c’est l’Open Innovation. Ce sont des programmes d’accompagnements dédiés aux grands groupes pour les faire travailler comme des start-ups ou avec des start-ups.

Donc en résumé: accélération, Communities, Open Innovation. Et l’international en plus !

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Inauguration de NUMA à Paris

Pour les entrepreneurs en recherche d’un peu d’aide extérieure, ça veut dire quoi “se faire accélérer” ? Travailler plus (vite) pour revendre plus (vite) ?

Alors oui et non. Se faire accélérer c’est surtout travailler de manière hyper intensive sur ton produit, ton pitch, ton équipe pendant 4 mois. Donc oui tu travailles plus, mais tu ne fais pas ça tout seul : l’accélérateur est là pour te fournir tout un réseau de mentors (des entrepreneurs comme toi mais qui ont déjà un track record hyper quali : une / des « exits », un passé de création d’entreprise réussie…), des experts en résidence (qui t’apportent des réponses très concrètes à des questions très concrètes aussi: expert en UX, growth marketing, legal issues, business plan) et un programme de travail: workshops, semaines thématiques, mises en relations avec des clients corporates potentiels etc.
Mais l’objectif n’est pas de revendre ta startup plus vite ! C’est avant tout de faire en sorte que tu sortes du programme avec un produit viable et une équipe structurée, où chacun sait qui fait quoi, pour te permettre que ton projet continue.
A la sortie de notre programme à Paris, les startups lèvent de l’argent en moyenne entre 6 et 8 mois après le programme.

Ah oui donc tu te retrouves sacrément bien entouré, effectivement ! J’imagine que ce n’est pas gratos ? Vous prenez une participation dans la startup ? Parlons peu, parlons bien : combien ?

Chaque programme est différent, on s’adapte à l’écosystème local et aux startups qu’on vise. A Paris le deal c’est 5% d’equity et 25000€ sous forme de prêt aux actionnaires. A Barcelone on sélectionnera moins de startups (10 par an) mais plus matures. Le focus du programme sera sur le « growth stage » donc on vise des startups qui ont déjà un projet viable et qui ont maintenant besoin de croître: soit de réussir une levée de fonds très rapidement soit de se développer à l’international. Du coup le deal sera différent : 50000€ par obligation convertible, 6% d’equity. Mais en Inde, Russie, Maroc, dans chaque pays on propose un package différent, on n’a pas de modèle one size fits all, on essaie à chaque fois de s’adapter à l’écosystème local. On est un peu la tailor-made de l’innovation quoi 😉

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Dans les bureaux de NUMA

C’est cool, précis et honnête, on adore ! Je reviens sur le programme “Open-innovation” dont tu parlais, c’est pas un peu paradoxal d’apprendre à un grand groupe comment agir comme une startup ? Ils le prennent bien ? C’est comme si un petit génie du football apprenait à Zizou comment jouer…

Non au contraire. Les grands groupes envient souvent leur agilité aux startups: il y a eu un temps où il y avait de la méfiance, mais aujourd’hui beaucoup de grands groupes ont envie de comprendre le potentiel « disruptif » apporté par les startups (pour employer des mots barbares) pour mieux l’anticiper et adapter leur offre. Leurs équipes de R&D sont compétentes, leur managers aussi, mais c’est normal car le contexte évolue. Donc il faut de la formation. Nous on leur apprend les méthodes des startups : le prototypage rapide, l’interaction constante avec l’utilisateur… Le but est de leur permettre de mieux comprendre pourquoi les startups sont plus agiles (et souvent rapides) qu’eux afin qu’ils s’adaptent.
Si tu préfères c’est plus comme Messi qui apprendrait à Zizou à mieux utiliser son pied gauche, pour rester dans la métaphore barcelonaise 🙂

Zizou et Messi, justement.
Messi et Zizou, justement.

Là d’accord ! Bon et sinon, travailler chez NUMA, c’est pas trop la classe ? Tu es un peu la king, toutes les startups rêveraient d’y être ! Comment tu expliques cet engouement des jeunes à vouloir créer une boite ? Confirmation que la génération Y, c’est finalement pas faux ?

Ahlalala vaste question. Difficile de parler au nom d’une génération mais c’est vrai que les carrières plus classiques nous font moins envie : quand tu as passé 3 ans dans un grand groupe, que tous tes collègues ont 50 ans ou plus, que les process sont complètement ralentis et que tu ne vois que très peu de perspectives d’évolution pour les 15 prochaines années… il est assez facile de sauter le pas et bosser chez NUMA t’apparait comme la lumière salvatrice au bout du tunnel !

Et pour parler de notre génération, je pense que le cursus y a fait pour beaucoup : aujourd’hui quand tu veux monter ta boite tu n’es plus vu comme le vilain petit canard, tu as eu des cours d’entreprenariat, ton école t’accueille dans son incubateur, t’aide à démarrer… c’est bien plus facile ! Et tu sais, dans les boites qu’on a à NUMA cette saison, ce ne sont pas que de la génération Y ! On a 1/3 d’étudiants tout juste sortis d’école, 1/3 de jeunes ayant bossé 2-3 ans dans des grands groupes et qui ont envie d’autre chose et 1/3 de plus agés, avec enfants et compagnie, qui ont murement réfléchi leur projet et se lancent enfin après 10 ans de carrière. Donc pas que des tous jeunes !

Parlons un peu plus de toi. Si j’ai bien compris, la routine métro-boulot-dodo dans un grand groupe n’est pas ton dada… Qu’est ce qui te plait plus dans l’écosystème startup ? Le fait que tout soit quasiment informel ?

Ahaha oui la routine métro boulot dodo, la lenteur du système, les strates hiérarchiques…beaucoup de choses qui ne me manquent pas du tout aujourd’hui. Dans l’écosystème startup, ce sont les opportunités que tu vois à longueur de journée qui me plaisent : tu vois en permanence des projets hallucinants, auxquels jamais tu n’aurais pensé, et NUMA pour ça est un vrai point de rencontre de projets. Et puis la rapidité: c’est un monde où tout doit aller très vite, où il faut toujours voir plus loin que ce qu’on fait déjà car sinon dans 6 mois on est morts ! Quand tu es jeune, travailler chez NUMA c’est le pied car ils t’expliquent que l’important c’est d’essayer et qu’ils ne t’en voudront jamais de t’être planté mais qu’ils t’en voudront de ne pas avoir tenté ta chance. Résultat au bout de 7 jours à NUMA, je prenais la parole devant 100 personnes à une conférence à Lisbonne ! C’était pas parfait, mais au moins j’en ai eu la possibilité. Dans la boîte où j’étais avant, mon discours aurait du être validé par 3 personnes avant et au final ça aurait été le boss de mon boss qui l’aurait prononcé ! Ici à NUMA en 2 minutes c’était sur Twitter et en 3 c’était retweeté par le compte officiel de NUMA !

Génial ! Des plans pour le futur, envie de monter une boite peut-être ?

Ahaha non pas trop pour l’instant ! Peut être ouvrir un café dans une petite ville, quand j’en aurai marre de la vie parisienne !

Viens à Barca, c’est assez petit et on y est bien 😉 Merci Raphaëlle !

Retrouvez NUMA à Barcelone sur http://barcelona.numa.co/

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Hilaire Besse

Hilaire Besse

Co-founder chez Pick & Pow
Co-founder at Pick & Pow - French entrepreneur, crazy about innovation, entrepreneurship, and patatas bravas. Want to talk about your startup? Reach us on: mag@pickandpow.com